Alimentation : Consultation à 4 mois

L'essentiel
  • La diversification alimentaire peut être débutée à partir de 17 semaines
En détail

Allaitement maternel

  • Exclusif jusqu’à 4 mois révolus et idéalement jusqu’à 6 mois révolus.
  • A la demande de l'enfant (de la même façon que lors des 8 premiers jours) : laisser téter l’enfant le plus souvent possible, si possible sans attendre les pleurs, en répondant à toutes les demandes de tétées. Il n’y a pas de limite au nombre de tétées, ni d’intervalle fixe à respecter entre les tétées. Il est conseillé de laisser l’enfant au sein tant qu’il tète efficacement, en donnant à chaque tétée un sein « jusqu’au bout » puis l’autre en fonction de l’appétit, en intervertissant l’ordre à la tétée suivante. Le rot n’est pas systématique. Il est recommandé de se laver les mains, mais de ne pas laver le sein avant et après la tétée, une douche quotidienne suffit. Il faut éviter de donner une tétine pendant la durée de l’allaitement maternel car la succion en est différente. Cela peut rendre les tétées difficiles et douloureuses pour la mère, en raison d’une mauvaise prise en bouche du mamelon par l’enfant.

Ou allaitement artificiel

  • Préparations pour nourrisson.
  • 5 x 180 ml/jour en moyenne de 4 à 5 mois.

+/- Début de diversification alimentaire

  • Désormais après 4 mois révolus (17 semaines) et au plus tard à 6 mois révolus (26 semaines) pour TOUS les groupes d’aliments et notamment avec des aliments riches en fer (œuf, viande) et en acides gras polyinsaturés à longue chaîne (œuf, poissons gras). L’introduction du gluten doit être progressive entre 4 et 7 mois.
  • Il n’est plus recommandé de retarder l’introduction des aliments les plus allergéniques comme le céleri, le gluten, le poisson et l’œuf chez les nourrissons ayant un terrain familial atopique, ni de repousser l’introduction des fruits rouges et des oranges, au vu des récentes données sur la notion de « fenêtre de tolérance » pour les aliments autres que le lait, située actuellement entre 4 et 6 mois. Une diversification plus précoce ou plus tardive compromettrait les possibilités d’acquisition d’une tolérance allergéniques vis-à-vis des aliments. Seul le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie, à la différence des recommandations européennes de l’ESPGHAN et nord-américaines, préconise pour les enfants à risque allergique (allergies avérées chez un des parents ou dans la fratrie) une diversification après l’âge de 6 mois et une introduction retardée par précaution au-delà de l’âge de 1 an des aliments à fort pouvoir antigénique sans intérêt nutritionnel particulier (kiwi, céleri, arachide, fruits à coque, crustacés).
  • En 2010, l’Afssa a revu à la hausse la proportion que doivent occuper les lipides dans l’Apport Energétique Total (AET). Cette répartition est de 40 à 45% de glucides, 45 à 50% de lipides et 10% de protéines pour l’enfant de moins de 3 ans. Elle diffère de la répartition recommandée pour les enfants de plus de 3 ans, les adolescents et l’adulte qui est de 50 à 55% de glucides, 35 à 40% de lipides et 10% de protéines.
  • En pratique : légumes puis fruits dès le premier mois de diversification, puis groupe viandes-poissons-œufs après 5-6 mois révolus, bien qu’aucun argument scientifique ne plaide pour un ordre particulier.
  • Un aliment nouveau à la fois, en petite quantité.
  • De plus en plus directement à la petite cuillère (sinon diluer 2 cuillères à café de légume mixé ou en petit pot dans le biberon de midi).
  • Passage de 5 à 4 repas par jour entre 4 et 6 mois.
  • Ne pas rajouter de sel ou de sucre aux aliments donnés.
  • Légumes :
    • En raison de leur goût prononcé ou de la fermentation colique qu’ils occasionnent, éviter de débuter par poivrons, salsifis, choux à feuilles, céleri, petits pois, navets, vert de poireaux.
    • En raison également de la fermentation colique occasionnée, éviter les légumes secs (lentilles, pois chiches ou haricots secs) avant 18 mois.
    • Bien les cuire, les mixer finement, ne pas saler.
    • En proposer une grande variété la 1ère année de vie.
  • Fruits :
    • Cuits et mixés, sans rajouter de sucre.
    • Pêches, poires, pommes, bananes, raisins épépinés peuvent être donnés crus si bien mûrs et pelés, râpés ou écrasés.
    • Pas de cacahuète avant au moins 2 ou 3 ans en raison de la fréquence des fausses routes avec cet aliment.
  • Viandes, poissons, œufs :
    • Bœuf, veau, cheval, poulet, dinde, jambon blanc puis toutes les viandes.
    • Charcuterie non justifiée avant 3 ans (pas d’intérêt nutritionnel).
    • Tous les poissons.
    • Œuf possible entre 4 et 6 mois révolus mais peut attendre 7 mois révolus, ne plus séparer le jaune du blanc.
  • Céréales infantiles :
    • Entre 4 et 6 mois révolus.
    • Le gluten est à introduire après 4 mois mais avant 7 mois, idéalement quand l’alimentation est encore lactée exclusive.
  • Pain et biscuits :
    • Attention au risque de fausses routes.
    • Pain à partir de 1 an.
    • Biscuits à partir de 18 mois (favorisent l’excès de sucre dans l’alimentation).
  • Produits laitiers :
    • Allaitement maternel ou passage aux préparations de suite quand un repas diversifié complet par jour.
    • Le lait doit rester le principal produit laitier du nourrisson donc retarder au maximum son remplacement par yaourts, petits-suisses et fromages, dont il faut bien connaitre les équivalences en calcium, les besoins journaliers étant couverts par 500 ml/jour minimum de préparation de suite.
    • Quelques équivalences en calcium :
      • 300 ml de préparation pour nourrisson = 200 ml de préparation de suite = 180 ml de préparation pour enfant en bas âge.
      • = 1 yaourt ou 3 petits-suisses de 60 g ou 6 cuillères à soupe de fromage blanc.
      • = 20 g de fromage à pâte dure (type gruyère) ou 30 g de fromage à pâte mi-dure (type St-Nectaire) ou 45 g de fromage à pâte molle (type camembert) ou 90 g de fromage fondu (type Tartare*).
    • Préparations pour enfants en bas âge importantes jusqu’à l’âge de 3 ans pour l’apport en fer, mais si passage au lait de vache pour des raisons économiques : pas avant l’âge de 1 an minimum et préférer le lait entier pour son apport en lipides.
  • Matières grasses :
    • Les besoins en acides gras essentiels nécessitent 3 biberons de préparation de suite par jour jusqu’à au moins 10 mois et l’adjonction systématique d’huile végétale ou de beurre dans chaque plat salé non lacté ou petit pot salé.
  • Boissons :
    • L’eau est la seule boisson à proposer aux nourrissons.
    • Possible dès les premiers jours, en plus des biberons s’il fait chaud.
    • Veiller à l’hydratation du nourrisson dès lors que l’on commence à remplacer une partie du lait par d’autres aliments.
    • L’eau du robinet convient très bien ; si une eau en bouteille est donnée, choisir une eau faiblement minéralisée.
Pour en savoir plus
  • Carnet de santé, Cerfa n°12593*01. Ministère de la santé et des solidarités, 1er janvier 2006 accès en ligne
  • Les nouveaux modèles du carnet et des certificats de santé de l'enfant (en vigueur à partir du 1er janvier 2006), guide à l'usage des professionnels de santé. Ministère de la santé et des solidarités, 1er Janvier 2006 accès en ligne
  • Le guide de l’allaitement maternel. Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé, Octobre 2009  accès en ligne
  • Conseils pour un allaitement réussi. Association française de Pédiatrie Ambulatoire  accès en ligne
  • Chouraqui JP, Dupont C, Bocquet A, Alimentation des premiers mois de vie et prévention de l’allergie. Archives de Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Avril 2008, Vol.15, pp. 431-442
  • Chouraqui JP, Dupont C, Boquet A, . Alimentation des premiers mois de vie et prévention de l’allergie : réponse des auteurs. Archives de Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Aout 2009, Vol.16, pp. 1191-1193
  • Dubern B. Diversification alimentaire chez le jeune enfant. EMC Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Paris, 4-002-H-25, 2008
  • Rance F, Bidat E, Dutau G. Alimentation de la mère et de l’enfant les premiers mois de vie et prévention de l’allergie. Archives de Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Avril 2009, Vol.16, pp. 385-386
  • Tounian P. Diversification alimentaire : idées reçues et preuves scientifiques. Archives de Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Décembre 2010, Vol.17-S, pp. 225-228
  • Turck D1Dupont C2, et al. Complementary feeding: Evolving concepts and recommendations.  2015 May;22(5):457-60. doi: 10.1016/j.arcped.2015.02.018. Epub 2015 Apr 9.