Consultation à 2 mois : Prévention et dépistage

L'essentiel
  • Début des vaccinations : D T P Ca Hib HepB et Pn
En détail

Vitaminothérapie :


Vitamine K

  • Si allaitement maternel :

    Chez un nouveau-né, né à terme, en bonne santé sans risque particulier, dans le cadre d’un allaitement maternel exclusif, pour la voie orale, la 1re dose est maintenue le 1er jour, la 2e dose est maintenue mais entre le 4e et le 7e jour, il n’est plus nécessaire d’administrer une dose de 2 mg par semaine jusqu’à la fin de l’allaitementmaternel exclusif. Une seule dose supplémentaire de 2 mg est recommandée 1 mois après la naissance.

  • Si allaitement artificiel : pas de supplémentation après la première semaine de vie car les laits infantiles sont suffisamment enrichis en vitamine K.


Vitamine D

  • Allaitement maternel : 1000-1200 UI par jour.
  • Allaitement artificiel : 600-800 UI par jour.


Dépistage des anomalies orthopédiques

Luxation congénitale de hanche :

  • Examen clinique : bassin asymétrique congénital, abduction (ici), manœuvre de Barlow (ici).

Vaccinations

L’injection intramusculaire se fait au niveau de la face antéro-latérale de la cuisse chez le nourrisson, l’aiguille étant introduite perpendiculairement au plan cutané. L’injection dans la fesse n’est pas recommandée.

La primo-vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite comporte 2 injections à l'âge de 2 et 4 mois, suivie d'un rappel à l'âge de 11 mois ("schéma 2+1"). Le calendrier vaccinal modifié le 16/04/2013 est consultable dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°14-15/2013. Les vaccinations contre la diphtérie, tétanos et poliomyélite sont obligatoires en France (articles L.3111-2 et 3 et R.3111-2 et 3 du Code de la Santé Publique). Les autres vaccinations décrites ci-dessous sont celles recommandées en population générale.

Début des vaccinations à 2 mois

  • D (Diphtérie) T (Tétanos) P (Poliomyélite) Ca (Coqueluche acellulaire) Hib (Haemophilus influenzae b) Hep B (Hépatite B), existent sous forme combinée hexavalente,
  • Pn conj (Pneumocoque conjugué 13-valent).

Risque domestique, négligence, maltraitance

Les précautions décrites à la consultation des 8 premiers jours de vie s’appliquent.

L’information des parents est essentielle dès la naissance pour la prévention des accidents domestiques car ils touchent 1 enfant sur 10 par an en France, avec une sur-représentation masculine et une banalisation des parents qui considèrent souvent que cela fait partie de l’apprentissage normal et ne se rendent pas compte de la gravité potentielle.

Chutes

  • Accident domestique le plus fréquent de l’enfant de moins de 1 an.
  • Risque important de traumatisme crânien du nourrisson qui n’a pas le réflexe de se protéger en mettant les mains pour amortir la chute et qui a une tête relativement lourde par rapport à son poids total.
  • Chutes du lit (parental en général), de la table à langer, des bras d’un tiers, du cosy posé en hauteur…
  • Ne jamais laisser le nourrisson sans surveillance posé sur un élément en hauteur.

Etouffement

  • Pic de fréquence dans la première année de vie.
  • Dans le lit : coucher le nourrisson sur le dos sans oreiller, sans couverture, sans peluches…
  • Ne pas laisser à sa portée de petits objets, de petits aliments (cacahuètes), de sacs en plastique…

Noyade

  • Dans le bain, elle entraine le décès dans 40% des cas : ne jamais laisser le nourrisson seul dans le bain sans surveillance, se méfier des sièges de bain qui rassurent faussement les parents et favorisent une baisse de vigilance alors qu’ils risquent de basculer.
  • Ne jamais laisser un nourrisson sans surveillance à proximité d’un plan d’eau, si petit et si peu profond soit-il : piscines (privées = 50% des décès par noyade), lacs, rivières…

Syndrome du bébé secoué

  • Ne jamais secouer un nourrisson sous peine de lésions cérébrales irréversibles par hémorragie intracrânienne.

Brûlures

  • Attention à la température de l’eau du bain, de l’eau du biberon, aux appareils électroménagers chauds.
  • Ne pas laisser de bougie allumée à portée du nourrisson.
  • Eviter de réchauffer les biberons ou aliments de l’enfant au four à micro-ondes.

Electrocution

  • Mettre des dispositifs de sécurité sur les prises électriques, faire vérifier l’installation si douteuse, ne pas utiliser d’appareil électrique à proximité de l’eau.
  • Prédominance de l’électrisation domestique par du courant de bas voltage, chez le garçon, avec des lésions des extrémités et de la bouche.

Intoxications

  • Ne pas laisser de produits dangereux (ménagers ou de bricolage) ou de médicaments à portée du nourrisson (mettre en hauteur ou systèmes de verrouillage des portes). Les intoxications par des plantes ou baies sont généralement bénignes.
  • Pour le médecin : y penser systématiquement devant tout tableau neurologique non fébrile ou troubles du rythme inexpliqués.

Ingestion de corps étranger

  • Danger si pile bouton ou aimants (risque de perforation intestinale).

Etranglement, pendaison accidentelle

  • Danger des colliers (y compris de dentition) qui peuvent être attrapés par un autre enfant et être source d’étranglement ou s’accrocher dans un objet et être responsables d’une pendaison.
  • Danger des stores vénitiens, romains ou à rouleau à cause des cordelettes.

Autres

  • Il existe des systèmes bloque-portes pour éviter que le nourrisson ne s’y coince les doigts, des protège-coins pour les angles de table…
  • Ne pas laisser un nourrisson seul avec un animal pour éviter les morsures.
  • En voiture, toujours utiliser un siège-bébé homologué et prendre le temps d’attacher correctement le nourrisson.

Pour en savoir plus
  • Carnet de santé, Cerfa n°12593*01. Ministère de la santé et des solidarités, 1er janvier 2006 accès en ligne
  • Les nouveaux modèles du carnet et des certificats de santé de l'enfant (en vigueur à partir du 1er janvier 2006), guide à l'usage des professionnels de santé. Ministère de la santé et des solidarités, 1er Janvier 2006 accès en ligne
  • Roussey M, Kremp O. Examens systématiques de l’enfant. EMC Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Paris, 2007, Vol. 4-002-B-10
  • Institut de Veille Sanitaire. Le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2013 selon l’avis du Haut conseil de la santé publique. Bulletin épidémiologique hebdomadaire. n°14-1516 Avril 2013  accès en ligne
  • Institut de Prévention et d'Education pour la Santé. Protégez votre enfant des accidents domestiques  accès en ligne
  • Mallet E. Vitamine D. EMC Pédiatrie. Elsevier Masson SAS, Paris, 2010, Vol. 4-002-G-10
  • Direction générale de la santé. Comité technique des vaccinations. Guide des vaccinations. s.l. : éditions INPES, 2008
  • Zix-Kieffer I. Vitamine K chez les bébés allaités exclusivement : quelle dose, combien de temps. Archives de pédiatrie. 2008, Vol 15, pp. 1503-1506
  • Haute Autorité de Santé. Propositions portant sur le dépistage individuel chez l’enfant de 28 jours à 6 ans, destinées aux médecins généralistes, pédiatres, médecins de PMI et médecins scolaires. Recommandations pour la pratique clinique. 2005 accès en ligne
  • Vidailhet M, Mallet E, Bocquet A, et al. La vitamine D : une vitamine toujours d’actualité chez l’enfant et l’adolescent. Mise au point par le Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Archives de pédiatrie. Mars 2012, Vol 19, n°3, pp. 316-328
  • Haute Autorité de Santé. Luxation congénitale de hanche : dépistage. Document de travail. Recommandations. Octobre 2013 accès en ligne
  • Haute Autorité de Santé. Syndrome du bébé secoué. Recommandations de la commission d’audition. Mai 2011 accès en ligne
  • Claudet I. Les accidents domestiques de l’enfant. Cours, DES de médecine générale, Toulouse, 2011